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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 12:28

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En 2010, je me rappelle, lors d’un passage à Lomé, un ami, journaliste très influent et très connu au Togo, m’avait proposé, durant une soirée à l’Institut français, de me présenter à Pascal Bodjona. Ayant remarqué la répulsion qu’avait sur moi provoquée sa proposition, il me fit savoir, pour me persuader, que Pascal Bodjona, loin du politicien arrogant et bouillant que je connais à la télé et dans les médias, est un homme très sympa, très disponible, et surtout très proche des jeunes impliqués dans la vie politique de notre pays. Il m’expliqua que beaucoup de jeunes journalistes proches de l’opposition, d’étudiants, et même certains responsables politiques de quelques partis d’opposition étaient très proches de lui, et bénéficiaient de ses soutiens financiers.

Devant son insistance, je lui affirmai que contrairement à l’opinion que la plupart de ceux qui me lisent ont sur moi, je ne suis pas du tout intéressé par la politique, je suis juste un passionné d’écriture, renvoyé de mon pays par sa chaotique situation sociopolitique, révolté contre la dictature responsable de cet échec, et qui utilise ma plume, ma grande force, pour contribuer à l’épique lutte de libération du peuple togolais. Les grands hommes qui me font rêver sont des écrivains, pas des politiques, c’est pourquoi je n’ai jamais cherché et accepté de rencontrer un homme politique togolais, quels que soient son influence et son prestige au Togo. Il m’aurait proposé de me présenter à Jean-Pierre Fabre ou un autre leader de l’opposition togolaise que j’aurais refusé. Edem Kodjo reste le seul homme politique togolais qui m’enchante, pas pour son parcours politique, mais sa casquette d’écrivain, surtout qu’il a une très belle plume, le premier écrivain togolais à avoir remporté le prestigieux Grand Prix littéraire d’Afrique noire… Je ne voulais pas rencontrer Pascal Bodjona, que je lui ai dit.

Aujourd’hui, quand je vois le grand branlebas que font certains journalistes, certains leaders de partis politiques togolais se réclamant de l’opposition, certains militants de l’opposition, certains leaders d’opinion, certains responsables religieux proches de l’opposition… pour soutenir Pascal Bodjona contre Faure Gnassingbé, je me rends compte que mon ami journaliste avait raison, tous ces groupes-là qui s’agitent, réclamant la libération de Pascal Bodjona, ne le font pas pour le respect des droits de l’homme qu’ils invoquent, mais juste parce que chacun d’entre eux doit à l’accusé.

J’ai de la peine à comprendre le radicalisme subit de certains responsables politiques se réclamant toujours d’une opposition modérée, fustigeant le radicalisme des autres militants de l’opposition… ces équilibristes d’opposants-là qui commencent depuis l’arrestation de Pascal Bodjona à adopter un langage radical sans nom contre Faure Gnassingbé. Faure doit partir, hurlent-ils, eux qui ont toujours condamné ce langage qu’ils disaient trop dru, contre-productif. C’est maintenant qu’ils ont compris que Faure doit partir. C’est l’arrestation de Pascal Bodjona qui leur a ouvert les yeux sur la mauvaise gestion du pays, sur la violation des droits de l’homme dans le pays, sur le mépris avec lequel sont traités les Togolais, sur les lacunes de notre justice.

Que personne ne trompe personne, tous ces Togolais-là, journalistes, leaders de partis, étudiants, militants… qui se disent opposants et qui soutiennent aujourd’hui Pascal Bodjona, invoquant les droits de l’homme, sont des traîtres et des menteurs. Ils ne défendent pas les droits de l’homme, mais leurs propres petits intérêts, car ils sont redevables à Pascal Bodjona, leur gourou financier, d’une manière ou d’une autre. On a vu au Togo des milliers et des milliers de Togolais dont les droits les plus élémentaires ont été bafoués, mais nos grands humanistes n’ont jamais fait preuve du zèle qu’ils nous font voir aujourd’hui. Je ne sais pas comment on peut, sincèrement, réclamer la chute de la dictature togolaise et soutenir l’un de ses plus grands artisans s’étant fait prendre dans un piège qu’il a lui-même tendu.

Pascal Bodjona a toujours affirmé que la justice togolaise est loyale, qu’elle n’est pas instrumentalisée, que les opposants qui se plaignent d’être brimés sont des plaisantins… Eh oui, qu’il fasse confiance à la loyale justice pour le sauver. On traite Faure Gnassingbé d’ingrat, l’accusant de noyer un homme qui a tout fait pour le maintenir au pouvoir… Non, Faure n’est pas ingrat, il est intelligent. Il aurait défendu Pascal Bodjona dans cette affaire qu’on aurait encore crié népotisme, corruption, favoritisme… ce qui le ferait encore plus détester par les Togolais. Le fils d’Eyadema ne va quand même pas se noyer seul, il faut qu’avant sa chute il traque, dénonce, déniche, emprisonne tous ceux-là qui l’ont poussé à se retrouver dans l’inconfortable situation dans laquelle il est aujourd’hui. C’est la loi de ce milieu.

Allez, champion Faure, malmène, humilie, bousille, finis Pascal Bodjona comme lui-même t’a toujours appris à le faire, et si ses parasites financiers, ses journalistes, ses leaders de partis, ses étudiants, ses jeunes… te parlent de droits de l’homme, dis-leur que vous ne connaissez point ce concept, toi et leur maître. Dis-leur d’aller faire valoir leurs chers droits de l’homme sur les tombes de Tavio Amorin, d’Agbobli et de toutes les victimes du mouvement assassin Hacame.

 

 

 

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David Kpelly 17/09/2012 19:16

Tout un plaisir, mon cher Komla.

Komla Adzimahe 17/09/2012 11:21

Je crois quand même qu'un léger bénéfice du doute doit être accordé aux soutiens de BODJONA! Nous vivons dans un monde où on meurt du génie et où l'on mange avec l'argent. Peut-être faut-il mettre
l'accent sur le fait que Pascal Bodjona avait partagé son argent à des gens sans leur demander grand chose en retour? Il aurait alors fait plus figure de philanthrope que de corrupteur. Mais
encore... faut-il rappeler que le monde lui-même étant injuste, il était clair qu'un togolais lambda ne puisse pas bénéficier des conseils des meilleurs avocats togolais comme Pascal BODJONA; lui
qui est loin d'être le parfait inconnu! C'est dans la nature des choses, et lui jeter la première pierre en est une autre, par ces temps de pierre sacrée brandie en l'air après tant de pierres
jetées au public. Et puis pour finir, il y a ce forcing patent (vous avez dit, liquidation, quoique le mot soit adapté à une situation de meurtre commis sur le sujet), forcing patent fait par
quelqu'un, quelque part pour qu'on envoie l'homme nourrit au sérail, dans une geôle. Il est pour moi, tout à fait légitime que des avocats humanistes, redevables ou non à l'ancien poids lourd du
gouvernement, dans un sursaut collectif (drôle de sursaut hein) s'attachent à l'affaire de l'année! Mais encore je vous prie de scruter de près les informations découlant de l'actualité. Ces hommes
regroupés du CST ont bien crié à l'alternance et au départ immédiat de Faure Gnassingbé, bien avant que BODJONA et sa déchéance ne s'imposent dans l'actualité. Ils ont commencé par crier AGBAN
AGBODZI!!! après que leur première marche ait été réprimé. Mais votre point de vue est pertinent. Une commentaire un peu politique de quelqu'un qui n'aime pourtant pas parler de politique?

David Kpelly 16/09/2012 14:18

Tout un plaisir, chère Rita, je reste un écrivain-blogueur, les politiques me répugnent, je me sens mieux ainsi.
Amitiés

RitaFlower 15/09/2012 14:05

Alors là,je suis bluffée!J'aurais pariée en lisant tes écrits que tu étais un passionné de politique en particulier celle du TOGO,je découvre qu'il n'en ait rien.Je pense que tes lecteurs et tes
lectrices vont comme moi tomber de haut!tu es fort,tu nous a tous bien eu.Tu n'es ni corruptible ni influençable sinon l'opposition togolaise t'aurait récupérée et instrumentalisée depuis bien
longtemps.Tu veux à tout prix garder ta liberté,et c'est tout à ton honneur.J'avoue que je découvre le TOGO avec tes yeux,le pays bien aimé de David k-pelly,l'écrivain.

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