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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 23:46

 http://www.anctogo.com/medias/images/contenu/Togo-ANC-Etienne-YAKANOU.jpg

                                                                              Etienne Yakanou

 

Etienne Yakanou, militant de l’opposition togolaise, est mort, prisonnier, ce 10 mai 2013, arrêté par les gendarmes ou militaires ou policiers – ils font tous le même boulot au Togo, la barbarie – de Faure Gnassingbé, accusé d’avoir participé aux incendies qui ont ravagé les marchés du Togo en Janvier 2013. L’opposition togolaise dont était membre le défunt se révolte et accuse les autorités togolaises d’avoir tué l’infortuné collègue suite à des mauvais traitements en prison, et surtout un refus de lui administrer des soins suite à sa maladie. Le pouvoir togolais, par sa machine à propagande sur Internet www.republicoftogo.com se défend d’avoir traité le détenu en lui « prescrivant notamment de la quinine et du sérum », accusant l’opposition de récupérer le décès de l’opposant.

Un homme est mort, qu’il y ait récupération ou pas. Mort en prison, après seulement quatre mois de détention. Incarcéré dans une affaire floue, louche et loufoque, dont chaque Togolais connaît, connaissait les résultats. Qui peut-on accuser, injurier, maudire, si ce ne sont ceux qui l’ont incarcéré ? Que s’est-il passé dans le lieu de détention durant cette courte période pour que le détenu tombe si gravement malade ? Pourquoi est-il mort si subitement s’il a été bien soigné ?

Les autorités soutiennent à travers leur laboratoire à mensonges www.republicoftogo.com que « le personnel soignant ayant diagnostiqué une crise de paludisme lui a administré le traitement approprié lui prescrivant notamment de la quinine et du sérum », avant de conclure que « le certificat de décès établi par le médecin traitant fait état d’une mort survenue par arrêt cardiaque. » Vraiment bizarre, cette manière de mourir des opposants togolais incarcérés ! Ils souffrent d’une crise de paludisme, on se précipite pour leur prescrire de la quinine, et ils meurent subitement d’une crise cardiaque, juste pour chercher des problèmes à nos autorités. Peut-être que le docteur de la gendarmerie  - s’il était vraiment un docteur et non un garde-forestier, comme tout le monde peut devenir tout avec ce régime - aurait dû faire fondre un peu de Victago dans un mélange de Kpatima et de sodabi et le faire boire au détenu malade. Le Kpatima allait soigner le palu, le Victago le cœur, et le sodabi allait lui donner des forces pour affronter de nouvelles tortures dans sa cellule. Nous sommes toujours dans la cynique logique de nos tueurs !

La duperie sur Faure Gnassingbé, dupe comme toute sa bande qui l’aide à fabriquer ces mensonges indigestes qu’ils ont toujours cherché à nous faire ingurgiter. Nous avons vu, au Togo, des masses immondes, des amas de chair et d’os, des assassins gavés de crimes et de meurtres depuis leur enfance, des pyromanes avérés, des cleptomanes nationaux devenus des escrocs internationaux, des corps boursoufflés, malades et ouverts à toutes les maladies aller en prison mais en sortir en bonne santé après des mois de détention. Nous en voyons toujours des pas moins gros, pas moins boursoufflés, pas moins louches, pas moins criminels détenus depuis des années et toujours en bonne santé. Comment expliquer que c’est le militant d’opposition incarcéré il y a juste quelques mois qui y meurt, s’il n’a pas été torturé et laissé sans soins ?  

Etienne Yakanou est mort. Injustement incarcéré. Injustement torturé. Gratuitement assassiné. Encore un mort sur la tête de Faure Gnassingbé, en attendant la cruelle mort qui le fauchera. On entend la femme éplorée, la veuve, crier en larmes : « Ils ont tué mon mari, mon mari n’a brûlé aucun marché. » On imagine ses deux enfants de 12 et 10 ans pleurer. Des orphelins. Les énièmes orphelins fabriqués au Togo par Faure Gnassingbé et sa maffia criminelle. Ils pleureront, ces pauvres enfants, jusqu’à la fin de leur vie, parce qu’on a injustement tué leur père en prison. Un père qu’on perd, ça se pleure toute une vie – tous les orphelins le savent. Surtout quand on le perd si atrocement, si gratuitement. Quel poème, quelle consolation va-t-il falloir réciter à ces deux enfants pour qu’ils oublient, pardonnent, et ne détestent pas le Togo ?

 

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David Kpelly David Kpelly
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