Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 20:43

 

Beyala.jpg

 La femme qui nous offrira la Francophonie

Rien ne semble arrêter l’écrivaine franco-camerounaise Calixthe Beyala dans sa  course pour la conquête du poste de Secrétaire général de la Francophonie. Interviewée le 06 Septembre 2010 sur Télésud, la grande dame des lettres francophones contemporaines expose les mobiles de sa candidature, ses plans d’action, ses moyens, ses axes prioritaires...

Calixthe Beyala n’est plus à présenter dans le monde littéraire, des grands débats, et des médias. Chantre incontestable des voix féminines de la littérature africaine francophone contemporaine,  elle est l’auteur d’une dizaine de romans dont plusieurs furent des best-sellers ayant remporté de prestigieux prix, entre autres le Grand Prix littéraire d’Afrique noire, le Grand Prix de l’Académie française... On lui doit notamment : Les Honneurs perdus, La Petite fille du réverbère, Le Petit prince de Belleville, La Plantation... et tout récemment L’Homme qui m’offrait le ciel et Le Roman de Pauline. La superécrivaine, fortement médiatisée, est aussi connue dans le monde des débats sur les thèmes qui collent toujours à la peau des Africains comme le racisme des Européens, la coopération entre l’Afrique et l’Europe et sa fille aînée la françafrique, la mauvaise gestion des Etats africains, les droits de l’Homme, l’émancipation de la femme noire...

Calixthe Beyala, selon ses dires, veut, désire occuper ce poste de Secrétaire général de la Francophonie car elle sent que cette institution semble ne plus exister, ou ne pas réellement remplir ses missions. Un Secrétaire général n’est pas un président de la République, il doit être un homme de terrain, car il est mandaté par des Etats, alors que le président de la République se contente de donner des ordres, affirme-t-elle. Bizarre, cette distinction ! La franco-camerounaise s’engage donc, si elle arrive à réaliser son rêve, à rencontrer – sur le terrain – le monde francophone : les cinéastes, les écrivains... les paysans, les jeunes, pour redonner vie à cette Francophonie moribonde qui commence par dégoûter les francophones qui tendent désormais à s’incliner vers les institutions anglo-saxonnes.

Il faut reconnaître la véracité de ces propos dans la mesure où beaucoup de francophones se demandent aujourd’hui ce à quoi sert cette Francophonie qui n’existe réellement dans leurs pays qu’à travers son nom et son logotype que l’on retrouve dans les centres culturels français et dans les ambassades de France, certains n’hésitant même pas à la classer parmi les multiples arnaques que la France déniche dans son sac à malices pour contrôler ses anciennes colonies qui lui sont toujours, qui lui seront toujours indispensables, vitales. Demandez par exemple à dix étudiants en Lettres d’un pays francophone africain ce que c’est que la Francophonie, à peine la moitié pourront la définir, la totalité ne pouvant pas citer une action concrète de cette institution sur le terrain.

Il faut donc un souffle nouveau dans cette Francophonie quasi-inexistante qui peut pourtant, si elle est bien gérée, être un outil incontournable dans le développement des pays africains francophones, un lien solide qui pourra relier les jeunes francophones africains, en manque de repères et de partenaires, à leurs frères des pays francophones occidentaux, pour plus de rêves, plus de projets, plus de réalisations. Une rencontre annuelle d’une à deux semaines rassemblant cinq à dix étudiants de chaque pays francophone pour des débats sur des thèmes relatifs à leurs pays respectifs, par exemple, pourrait permettre à ces jeunes de confronter leurs réalités à celles de leurs frères, d’y trouver des approches de solutions...

Calixthe Beyala pourrait-elle, malgré son apparent désir ardent, réanimer la mourante Francophonie ?

La dame est bel et bien connue pour sa vivacité et son sang froid, n’hésitant pas, au cours des débats, à dire tout haut ce que pensent la quasi-totalité des intellectuels africains corrompus et hypocrites tout bas,  bazardant les dictateurs africains par-ci, matraquant les enquiquinantes et nuisibles institutions internationales par-là... Mais pourra-t-elle agir dans ce monde trouble politisé où tout porte à croire que ce sont les politiques, les premiers malheurs des pays africains francophones, qui font la loi ? Ne va-t-elle pas, comme ces intellectuels africains qui croient en une Afrique qui ne peut se développer qu’en se démarquant de l’Occident, chercher à dresser les pays francophones contre leur mère la France, utiliser la Francophonie, une marque déposée de la France, comme une arme contre la France, et s’attirer durant tout son mandat toutes les foudres de la françafrique qui accepte tout sauf la grande gueule des petits nationalistes panafricains ? Ne risque-t-elle pas, la connaissant très bien, de réduire toute la Francophonie à une organisation de défense des droits des pays africains francophones, ou une association d’émancipation des peuples noirs ?

Calixthe Beyala a beau être un monument incontestable de la littérature africaine francophone de nos jours, mais ses capacités en politique sont encore inconnues, d’autant plus que la dame n’a encore occupé aucun poste dans ce domaine, contrairement à l’actuel Secrétaire général, l’ex-Président sénégalais Abdou Diouf qu’elle espère bien ne pas voir se présenter de nouveau – pour peut-être ne pas lui mettre les bâtons dans les roues et diminuer ses chances.

De toute façon, si des bidules, comme Faure Gnassingbé, incapables dans les conditions normales d’être le major d’une classe d’école primaire, peuvent se retrouver président de la République, pourquoi Calixthe Beyala, si pleine d’énergie, de courage, d’audace et de fougue ne pourra-t-elle pas succéder, valablement, à Abdou Diouf ?

On ne tue pas une poule sans lui avoir donné la chance de boire quelques gouttes d’eau, stipule un proverbe du sud du Togo. Tous ceux qui voudraient bien donner une chance à Calixthe Beyala pour changer la Francophonie peuvent la rejoindre sur sa page Facebook ou MySpace. Histoire de voir, quoi !

 

Partager cet article

Repost 0
David Kpelly David Kpelly
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Agenda de ma boucherie
  • Agenda de ma boucherie
  • : Ce que je pense du Togo, de l'Afrique, et du monde qui m'entoure. Curieuse manière de le dire des fois, mais bah....
  • Contact

Pour que dorme Anselme

En librairie

 couerture-site.png

 

 

Fratricide.jpg

 

 

Gigolo-COUV.png

 

APO-FACE.JPG

Mes références littéraires d'Afrique

Partenaires