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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 14:03

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                                                               Crédit image: www.kichka.com

 

Depuis le coup d’Etat du 22 mars 2012 où un groupe de sous-officiers avec à leur tête le capitaine Sanogo a renversé le président malien Amadou Toumani Touré, chaque fois que je bute sur une manifestation à Bamako, je pense à cette formule de Gustave Le Bon, « Le véritable progrès démocratique n’est pas d’abaisser l’élite au niveau de la foule, mais d’élever la foule vers l’élite. »

Bamako s’est réveillée ce matin du 09 janvier 2012 sur une cacophonie. Des manifestations de rue. Le motif, la démission du président par intérim Dioncounda Traoré qui passe, lui reproche-t-on, son temps à négocier avec la Communautéinternationale, au lieu de donner l’ordre aux forces armées maliennes d’aller attaquer les groupes armés ayant occupé le Nord du Mali. Encore ? doit se demander tout observateur ayant suivi cette crise dès ses débuts. Encore la démission du président par intérim ? Encore, absolument. Une partie du peuple malien, manipulée par de louches militaires devenus les maîtres tout-puissants du Mali depuis le putsch du 22 mars, par des hommes politiques véreux, par des intellectuels maliens glauques, continuent de réclamer la démission du président par intérim, le seul lambeau visible aujourd’hui des loques de l’Etat malien déchiqueté depuis le 22 mars. 

C’est presque incroyable de constater que des Maliens – et pas seulement la masse analphabète ! - des hommes politiques maliens clamant à qui veut les écouter leur amour pour le Mali, des militaires maliens autoproclamés patriotes pour avoir renversé un président démocratiquement élu à quelques jours de la fin de son mandat, des intellectuels maliens… aient encore le courage aujourd’hui, poussent encore le cynisme de vouloir s’attaquer en pleine crise à une institution, fût-elle consensuelle, de ce pays devenu trop chancelant, trop fragile, trop vulnérable, alors que le souvenir de la prise en cascade en trois jours des trois grandes villes du Nord, Kidal, Tombouctou et Gao, suite au renversement du pouvoir malien le 22 mars 2012, est encore très fumant dans toutes les mémoires. On frôle l’Apocalypse. Le malheur de voir ce si grand pays totalement s’effondrer.

Parce qu’à l’heure où ces manifestants surexcités enflamment Bamako, ouvrant la voie à des braqueurs qui instaurent le désordre dans les quartiers, pillant les boutiques, délogeant les écoles en terrorisant les élèves… pensant qu’exercer la démocratie consiste à une foule violente d’aller se jeter dans les rues à chaque brindille de malentendu, de s’attaquer à des édifices publics, brandir sur des pancartes des slogans pompeux, et réclamer la démission des autorités… pendant que ces manifestants s’apprêtent à provoquer une nouvelle crise institutionnelle en réclamant la démission du président par intérim - après celle provoquée par les putschistes le 22 mars 2012 - et un climat d’insécurité à Bamako, le seul centre du pays capable d’abriter aujourd’hui ce qui reste de l’autorité de l’Etat malien, les assaillants du Nord - ayant renforcé leur groupe par des djihadistes, criminels, drogués et narcotrafiquants de tous bords, combattent contre l’armée malienne, attendant la moindre brèche pour continuer leur conquête ville par ville du Mali.   

Dans le camp des putschistes, ceux-là qui ont jugé bon d’ajouter à la menace de la rébellion la cacophonie du coup d’Etat et de la crise institutionnelle, qui ont juré après leur forfait d’aller libérer immédiatement le Nord – et qui sont toujours cloîtrés dans leur camp de fortune de Kati, loin du Nord, depuis presque un an maintenant, se contentant de traquer leurs supérieurs les officiers, faire des discours à la nation en proclamant un Mali un et indivisible, humilier des personnalités, intimider des journalistes, détrôner et introniser des Premier ministres… dans le camp des putschistes, on parle de division. Ceux qui sont propices à une intervention étrangère pour appuyer l’armée malienne dans la reconquête du Nord, et ceux qui sont contre toute intervention étrangère. Demain, après-demain, quand les islamistes, déterminés à islamiser tout le Mali, continueront de marcher, sans résistance, sur les villes menant à Bamako, on entendra sûrement les coups de mitraillettes de nos putschistes… s’affrontant entre eux… toujours pour... le Mali.

PS : Le titre du billet est inspiré du titre du chapitre « Le molosse et sa déhonté façon de s’asseoir » du roman Les Soleils des indépendances de l’écrivain ivoirien Ahmadou Kourouma.

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David Kpelly David Kpelly
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David Kpelly 13/01/2013 18:44

Merci, chère Louise, notre Mali a besoin d'être sauvé.
Amitiés

LISA 12/01/2013 22:48

Merci encore, David, pour ce texte si vrai et passionné...l'heure est grave, la parole est aux armes maintenant, les vaines manifestations pour un changement institutionnel sont dérisoires et
gaspillent le temps qui passe....

David Kpelly 12/01/2013 14:59

Merci et tout un plaisir, chère Rita!

Oumar Bag 11/01/2013 15:27

Merci, cher David Kpelly, pour votre message très clair et intéligent.

RitaFlower 11/01/2013 12:10

L'histoire se répète.Que cette zone occupée soit définitivement libérée pour une PAIX DURABLE au MALI.Les affrontements n'ont que trop durer...qu'on en finisse maintenant.La SECURITE des personnes
et des biens est en jeu.Préservez des milliers de vies humaines,chers MALIENS.

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