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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 11:25

 

 

2011, à toi, jeunesse togolaise !

tOGO UNION

 

 Stéphane Guillon, l’un des humoristes les plus tranchants de la France, préconisait dans une de ses chroniques incendiaires, dans son livre On m’a demandé de vous virer (Stock 2010) que tous les politiques français aillent à la retraite après cinquante-cinq ans, parce que, selon lui, à cet âge, l’esprit devient moins vif, et on sombre dans la redite… la répétition des mêmes méthodes. Les bavures d’un vieillard qui délire, ça peut se tolérer dans sa famille, parmi ses enfants et ses petits-enfants, dans une maison de retraite… partout, sauf sur la scène politique, car c’est le destin de tout un peuple qui s’y joue.

C’est connu, la classe politique togolaise est trop vieille, trop désuète, trop archaïque pour être efficace. Rien que des vieillards super moches, des espèces en voie de disparition. 

Deux vieillards ont particulièrement marqué l’année 2010, par leurs imbécillités, bien sûr. Gilchrist Olympio pour la première moitié de l’année, et Abass Bonfoh pour la deuxième moitié.

Ah, Gilchrist Olympio ! Comment le peuple togolais, un peuple tellement connu pour son intelligence, a pu se laisser berner, pendant deux décennies, par la langue mielleuse de ce mégalo revanchard ? Aveuglé par la chiante dictature du Rassemblement du Peuple togolais, peut-être. Et pourtant, tout sentait le faux sur ce monsieur ! Même moi qui n’ai commencé à ouvrir les yeux sur la politique togolaise que dans les années 2000, j’ai toujours senti que ce monsieur, à travers ses méthodes falsifiées d’opposant radical, n’était pas du tout ce que le peuple togolais voyait en lui. Dans ma trilogie, L’Elu de la réforme, Le Fratricide de la réforme, Le Gigolo de la réforme (Editions Edilivre, Paris, 2009), publié un an avant le forfait du vieux traître, j’ai peint ce monsieur sous les traits d’un opposant vieux et lâche, descendant d’affranchis brésiliens vendeurs d’esclaves, sans le sous, qui n’est bon que pour écrire des romans à l’eau de rose à un peuple aveuglé par ses larmes. Jean-Pierre Fabre, Patrick Lawson et les autres n’avaient pas du tout besoin de laisser le pauvre peuple togolais déifier cette vieillerie périmée et se faire tuer pour lui, avant de le destituer. Ils auraient dû le pousser dans les escaliers depuis très longtemps, pour qu’il déguerpisse d’une scène politique où il n’a pas de place. Comment fonder tout un parti politique, pas une équipe de jeu de Ludo ou de dames, sur un vieux revanchard bourré d’égocentrisme et de caprices, avec ses ridicules et infructueuses méthodes d’opposant infaillible, un géronte amorphe, incapable de la moindre fougue, ni vivacité ?

Le deuxième fossile qui a marqué 2010 est Abass Bonfoh. Fatigué de toujours jouer les rôles de second plan malgré son beau titre de président de l’Assemblée nationale et ancien chef d’Etat, ce has not been – parce qu’il n’a jamais eu un passé glorieux – qui se voyait toujours réduit à l’anonymat, comme ces temps où il lançait ses couilles en l’air devant des élèves en tant que prof de sport, avait subitement décidé de faire parler, enfin, de lui. Et quand un vieux pervers décide de faire parler de lui, eh bien, c’est la catastrophe. «  Eh bien, écoutez, il n’y avait pas eu de mort en 2005… euh, même s’il y en avait eu, le nombre n’est pas celui que vous avancez… Si vous prétendez qu’il y avait eu des morts, montrez-nous les fosses communes dans lesquelles ils ont été enterrés… »

La trahison historique de Gilchrist Olympio et les propos négationnistes de notre président de l’Assemblée n’auraient normalement pas dû énerver les Togolais qui auraient dû reconnaître que les Mathusalem avaient peut-être des circonstances atténuantes, la maladie d’Alzheimer, par exemple, qui cause la dégénérescence progressive du cerveau généralement chez les personnes âgées. Demandez à Gilchrist Olympio pourquoi il a rallié le Rassemblement du Peuple togolais, il vous répondra peut-être qu’il a toujours été membre de ce parti, ainsi que son défunt père – s’il arrive au moins à se rappeler que son père n’est plus, qu’il n’a jamais connu un parti nommé Ufc... Abass Bonfoh, quant à lui, niera mordicus avoir été prof de sport et soutiendra que depuis son adolescence, il a toujours été président de l’Assemblée nationale togolaise, qu’il ne connaît aucun Togolais qui s’appelle Gnassingbé Eyadema, encore moins Faure Gnassingbé.

Il va falloir donc excuser à tous les hommes politiques togolais, presque tous vieux, tous leurs déboires, comme ils ne se rappellent rien et ne savent pas ce qu’ils font, les pauvrets, nos chers bien-aimés petits vieux !

La classe politique togolaise a sérieusement besoin de se rajeunir. Et du côté du parti au pouvoir, et du côté de l’opposition. C’est inadmissible que le destin du Togo continue de se jouer entre ces messieurs déjà adultes quand nous autres des générations quatre-vingts et quatre-vingt-dix naissions, que nous connaissions depuis le début du processus démocratique au Togo. Plus de vingt ans d’échecs, c’est assez, c’est trop ! C’est dégoûtant, ce cycle infernal auquel nous sommes en train d’assister. Les mêmes objectifs, garder le pouvoir pour le Rpt, l’arracher pour l’opposition, les mêmes stratégies, voler et tuer pour le Rpt, marcher et beugler pour l’opposition, les mêmes résultats, la victoire dans l’illégalité pour le Rpt, l’échec pour l’opposition.

La jeunesse togolaise, sans flatterie aucune, est une jeunesse intelligente, bien formée, laborieuse, n’en déplaise à ces autres vieillards, vils, fumistes, louches, cyniques et provocateurs, qui au lieu de rester auprès de leurs petits-fils pour leur raconter des histoires, préfèrent insulter les jeunes togolais dans des journaux, les traitant de paresseux… Et il faut aujourd’hui, maintenant, que tous ces jeunes aient le courage de voir en face, affronter leur responsabilité, leur pays, le Togo à défendre. Les jeunes Togolais, ceux de la diaspora et ceux qui vivent au Togo, de la trentaine et de la quarantaine, doivent désormais se lever pour le Togo, faire quelque chose, n’importe quoi, pour sortir notre pays de son agonie. On ne peut pas laisser la chose publique entre les mains de ces pitres séniles qui se haïssent entre eux, et qui jamais ne peuvent être d’accord sur rien.

Il est maintenant temps pour les jeunes Togolais de prendre position. Ne plus s’aligner sur les vieux ordres, ni sur le Rpt, ni sur l’opposition. Ne plus exécuter. Mais décider. Oui, décider pour le Togo. Décider de dire oui, contre tous, et d’applaudir le Rpt quand il fait du bien. Décider de dire non, quand il le faut, non à Faure Gnassingbé, à Pascal Bodjona… à n’importe quel sombre adepte du Rpt dans leurs viles magouilles… Suivre Jean-Pierre Fabre et l’opposition togolaise, quand il le faut, pour le Togo, et boycotter leurs initiatives quand l’intérêt du Togo n’y est pas.

Que les jeunes Togolais cherchent désormais au fond d’eux cette fierté que l’on doit avoir quand on est jeune, cette ferme conviction qui anime et qui motive à vouloir changer les choses. A innover.

Car c’est ce qui nous manque, à nous jeunes Togolais, dire oui quand on est d’accord, et secouer la tête quand on ne l’est pas. Suivre aveuglément Jean-Pierre Fabre et l’opposition ne veut rien dire. On ne peut pas suivre comme des moutons des messieurs qui créent un parti politique à deux ans des élections législatives, et qui au lieu de fédérer rapidement autour d’eux la population qui n’a d’yeux que pour eux, au lieu de chercher à démolir toutes la machines à mascarades installées par le parti au pouvoir avant l’échéance électorale, au lieu de revoir les listes électorales, la composition de la Ceni, l’impartialité des observateurs internationaux, de la soi-disant Cour constitutionnelle… choisissent pour option de battre le pavé pour une cause floue. A la question « Quelles sont vos nouvelles priorités ? » Cellou Dalein Diallo, candidat malheureux à la récente élection présidentielle en Guinée, répond dans le magazine Jeune Afrique du 19 au 25 décembre 2010, « Préparer les législatives et remporter le maximum de sièges dans la future Assemblée nationale. La majorité simple est à ma portée si les élections sont transparentes et si la compétition est saine. » Messieurs de l’opposition, la majorité parlementaire est aujourd’hui à votre portée, comme toujours vous avez la majorité du peuple togolais avec vous, et vous devez vous battre pour que les prochaines législatives soient transparentes ! Que ce peuple qui au jour le jour voit ses espoirs s’effriter ne vote plus pour rien.

Le manteau de l’opposant intransigeant fantôme qui ne pointe son nez que pendant les élections présidentielles, Gilchrist Olympio l’a revêtu pendant deux décennies, et chaque Togolais connaît aujourd’hui le résultat. Que les jeunes Togolais, tous, désertent l’opposition, si Jean-Pierre Fabre et son groupe décident de passer par la même voie, qui mènera, sans aucune surprise, au même résultat, l’échec.

Il faut une révolution d’idées au Togo ! Maintenant ! Vouloir jouer au petit ange qui respecte les aînés, qui exécute, avoir peur de taper sur ces icônes désuètes qui font, hélas, la loi au Togo, c’est de la lâcheté, de l’irresponsabilité de la part de cette jeunesse si grande, mais qui se meurt, faute de fougue et d’audace.

Oui, de l’irresponsabilité envers notre pays. Envers nos frères qui ne peuvent pas se faire écouter. Envers nos enfants. Envers nous-mêmes !

Vivement, bonne et heureuse année à tous !

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David Kpelly David Kpelly
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