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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 13:56
NoViolet Bulawayo
NoViolet Bulawayo

Ce billet est une collaboration dans le cadre de la célébration de la Journée Internationale de la Femme Africaine, JIFA.

J’ai lu peu d’auteures africaines. Pas parce que, comme le Prix Nobel de littérature V.S Naipaul, je pense que : « Les écrivains femmes sont différentes, elles sont assez différentes. Je lis une œuvre et en un ou deux paragraphes, je peux dire s'il s'agit d'une femme ou d'un homme. Je pense que ce n'est pas à la hauteur de mon écriture. » Non, pas pour ces raisons (un peu sexistes) de l’un des plus grands auteurs que la littérature ait connus, Naipaul, mais parce que j’ai eu peu d’occasions de les lire, les femmes africaines qui écrivent. Reconnaissons-le, elles sont en petit nombre, quand on en fait le pourcentage par rapport aux hommes.

La première africaine auteure que j’ai lue était la Nigériane Flora Nwapa dans son roman « Efuru » (publié en 1966 et qui est considéré comme le premier roman publié par une Africaine). Un livre qui parlait de la vie d’une femme Ibo, nommée Efuru, et ses tribulations dans une petite société nigériane sous domination coloniale. Ma deuxième lecture d’une femme africaine était le roman « Une si longue lettre » de la Sénégalais Mariama Ba, le combat d’une femme sénégalaise au foyer . « Toujours des histoires de femmes ! » se serait sûrement écrié l’honorable Naipaul. Les femmes africaines n’écrivent-elles que sur leurs larmes de femmes ?

Que non ! La troisième femme africaine que j’ai lue n’est autre que la très célèbre Sénégalaise Aminata Sow Fall avec son célébrissime classique : « La grève des Battu ». On est très loin des « problèmes de femmes ». Le roman sous-titré « Les Déchets humains » est une véritable satire sociale contre la domination des puissants dans les nouveaux Etats africains (dans son cas, le Sénégal). Le livre mettait en scène une grève des mendiants qu’un homme politique avait décidé de chasser de Dakar pour redorer le blason du tourisme de son pays.

Aujourd’hui, cinquante ans après « Efuru » il existe une littérature « féminine africaine » (si on peut bien appeler ainsi cette littérature que font les Africaines vivant en Afrique ou non). Nos femmes écrivent tout, écrivent sur tout, écrivent de toutes les manières, avec tous les styles. Elles sont, ces auteures africaines contemporaines, à l’instar des hommes, de véritables « terroristes » des langues dans lesquelles elles écrivent, le français et l’anglais pour la majorité d’entre elles (avec, avouons-le, une ascendance pour les anglophones (encore eux, toujours eux, les anglophones !)), les modelant, ces deux langues, à leur guise.

Elles sont nombreuses (même si comparée aux hommes leur proportion est encore faible), elles sont jeunes, la quarantaine, et même la trentaine pour certaines d’entre elles. Et, lecteur, je me régale : Bessora (le style, son style !), Leonora Miano, Hemley Boum (« Les hommes, ce n’est rien, on peut toujours s’en accommoder, le pire ennemi de la femme sur cette terre c’est la femme », c’est du Boum ça ! ), Saphia Azzedine ( trash de chez trash !), Ken Bugul, Kadhi Hane, Chimamanda Ngozi Adichie (La Reine), Noviolet Bulawayo,Helen Oyeyemi, Marthe Fare (elle cite Anaïs Nin parmi ses auteurs préférés, c’est dire !), Fatou Diome (celle dont on tire autant de plaisir en la lisant qu’en admirant une Sénégalaise et ses bine-bine danser le Mbala’x) ! Un plaisir !

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David Kpelly David Kpelly
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Grace Bailhache 04/11/2015 17:49

Bonsoir David,

Merci encore pour ta participation, je retrouve bien ta plume primesautière.

"Nos femmes écrivent tout, écrivent sur tout, écrivent de toutes les manières, avec tous les styles." En une phrase tout est dit.

Je te mets le lien du relais Facebook de ton article : https://www.facebook.com/journeefemmeafricaine/photos/pb.409497842556719.-2207520000.1445874661./436444746528695/?type=3&theater

Grace

Kiminou Caroline 12/08/2015 07:54

Grace à la JIFA je découvre ton blog et avec cet article tout plein d'auteures que je ne connaissais pas. Ce Naipaul m'a l'air d'un sacré égocentrique narcissique, quand je pense que quelqu'un m'avait encouragé à le lire il y' a des années psittt !

Ce que j'ai envie de retenir de ton article c'est çà :
Nos femmes écrivent tout, écrivent sur tout, écrivent de toutes les manières, avec tous les styles.

Finalement tu en lis plus que moi des auteures..Comme quoi tout est relatif

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